La zone euro, dans laquelle 19 pays partagent la même monnaie, a du mal à se développer depuis la crise de la dette souveraine de 2011. Petit retour en arrière : des pays très endettés à l’époque, comme, le Portugal, la Grèce ou l’Espagne ne pouvaient pas obtenir de financement sur les marchés financiers et ont demandé une aide extérieure pour soutenir leur économie. Jusqu’à présent, la zone euro n’a pas réussi à mettre en place un plan de relance budgétaire massif comme celui des États-Unis.

Devenue l’épicentre du coronavirus, la zone euro est de nouveau sous pression, car l’épidémie secoue les pays du bloc et met en évidence des différences historiques.

Des pays déjà fragilisés par la crise de 2011

Les difficultés financières des pays déjà cités ont suscité des inquiétudes pour l’avenir du bloc : les analystes ont averti que la zone Euro était mal équipée pour faire face aux chocs financiers et qu’elle risquait de ne pas survivre. Près d’une décennie plus tard, le même débat revient sur la table, la zone Euro s’efforçant de se rassembler pour lutter contre la crise du coronavirus.

Mais une rupture de la zone Euro est-elle vraiment envisageable ?

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré au début de ce mois que l’Europe était devenue le nouvel épicentre du virus, connaissant un taux de nouveaux cas plus élevé que partout ailleurs dans le monde. Des pays tels que l’Italie, la France, l’Espagne et la Belgique se sont refermés sur eux-même, s’efforçant d’empêcher le virus de se propager davantage, ce qui nuit considérablement à leurs économies.

Pas de plan de relance à l’échelle européenne

La zone euro n’a jusqu’à présent pas réussi à mettre en place un plan de relance budgétaire massif comme celui des États-Unis. Au début de ce mois, le président Donald Trump a signé une loi de dépenses d’urgence de 8,3 milliards de dollars pour lutter contre le coronavirus et, mardi, CNBC a appris que la Maison Blanche envisageait un plan budgétaire de plus d’un billion de dollars.

Cependant, les pays de la zone euro ont annoncé individuellement des programmes de relance budgétaire. Les initiatives sont donc nationales. Par exemple, l’Italie a promis un plan de sauvetage de 25 milliards d’euros (27,26 milliards de dollars) et la France a déclaré qu’elle allait déployer 45 milliards d’euros pour atténuer l’impact du coronavirus sur les entreprises, entre autres mesures.

On sait que la zone Euro, pour devenir plus solide, a besoin d’une politique budgétaire commune, ce qui permettrait de réagir beaucoup plus rapidement en temps de crise. Or, dans cette crise du coronavirus, la réponse européenne tarde à venir et montre bien l’absence d’une réelle “équipe”.

Mario Centeno, président de l’Eurogroupe coordonne, a admis que la crise du coronavirus nécessite une action “rapide” et “coordonnée” de la part de la zone Euro. “Nous ne sommes pas en 2008”, a-t-il déclaré, faisant référence à la crise financière mondiale, ajoutant que l’impact du coronavirus était de “nature différente”.

Des politiques fiscales nationales, et disparates

Les 19 pays de la zone euro suivent les mêmes règles de politique monétaire, établies par la Banque centrale européenne (BCE). Toutefois, leurs politiques fiscales sont toujours décidées au niveau national. Cela signifie qu’il y a une grande différence entre les pays en termes de dette publique et de déficit public.

Par conséquent, les pays qui sont plus conservateurs sur le plan budgétaire sont souvent réticents à partager leur politique budgétaire avec d’autres nations, qui ont tendance à dépenser au-delà de leurs limites.

Les dirigeants européens ont brièvement débattu mardi de la possibilité d’émettre des euro-obligations pour apporter une aide financière pendant la crise du coronavirus. Les euro-obligations sont une question très sensible car, techniquement, elles regrouperaient en une seule obligation les dettes de l’Italie et de l’Allemagne, par exemple. Les pays qui sont plus sains sur le plan budgétaire ne veulent pas que leurs dettes soient associées à celles de nations très endettées.

L’UE travaille sur des armes pour faire face à la crise du coronavirus, selon le président de l’Eurogroupe ; mais les armes financières en réponse à la crise, elles, ne semblent pas encore venir à l’échelle du bloc européen.

De fait, les marchés financiers de la région montrent encore des signes de détresse. Les coûts d’emprunt italiens ont augmenté ces derniers jours après que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, n’ait pas réussi à rassurer les investisseurs sur le fait que la banque prendrait toutes les mesures nécessaires pour soutenir la région.

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